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Adaptation et mobilisation de la ressource
Depuis plus de 20 ans, les régions Champagne-Ardenne et Picardie, unies dans une même problématique de trouver de nouveaux débouchés aux grandes cultures de ce bassin particulièrement performant, se sont résolument orientées vers les valorisations non alimentaires des agro ressources.
Ceci a donné naissance à deux entités de recherche-développement dont la compétence est unanimement reconnue : Agro-industries Recherche Développement (65 personnes) en Champagne-Ardenne et le Centre de Valorisation des Glucides (25 personnes) en Picardie.
Nos économies agricoles ont été fortement ébranlées par la réforme de la PAC en 1992 mais cela a conforté la profession agricole dans ses choix stratégiques qui a intensifié sa recherche en développant de multiples partenariats avec la recherche publique.
Grâce à ces acquis, nos deux régions se sont unies pour présenter leur candidature pour un pôle de compétitivité dédié à la fourniture de molécules organiques issues du végétal pour toutes sortes d’industries.
Côté Champagne-Ardenne, la Chambre Régionale d’Agriculture a été chef de file pour la conception et la présentation du dossier, compte tenu de sa longue expérience.
Ce projet a finalement été retenu le 12 juillet 2005 et a même été consacré pôle de compétitivité à vocation mondiale.
Les grands secteurs explorés sont :
Les ALIMENTS :
Alimentation, ingrédients, auxiliaires de fabrication, nutraceutiques
L’ ENERGIE :
Carburants, Electricité, Chaleur
LES MOLECULES :
Pharmaceutique, Hygiène, Cosmétique, Lubrifiants, Détergents
LES MATERIAUX :
Bâtiment, Papeterie, Textile, Plasturgie, Métallurgie, Emballage
Dans un concept de raffinerie végétale les services d’approvisionnement seront classiques (blé, betteraves, colza) ou se tourneront vers les co-produits de nos agro-industries.
Toutefois, certains travaux portent plus particulièrement sur la valorisation de la ressource lignocellulosique considérée un peu hâtivement comme une ressource abondante.
Ainsi, dans nos deux régions, plusieurs industries étudient la faisabilité d’unités de cogénération base paille et autres co-produits.
La Champagne-Ardenne a poussé ses investigations plus en profondeur. Elle a accueilli un pilote de fabrication de pâte à papier de qualité supérieure à partir notamment de la paille des céréales. Les résultats sont concluants et nous en sommes à la phase de mise au point de l’unité industrielle qui absorberait de 130 à 150 000 tonnes de paille.
D’autre part, la profession agricole champardennaise est engagée, avec ARD, dans un grand programme de l’ANR sur la mise au point des carburants de 2ème génération base cellulose en partenariat avec l’IFP (Institut Français du Pétrole), SPECABBE (Stratégie de Prétraitements Physiques, Enzymatiques et Chimiques Appliquées à la Biomasse – Bio – Ethanol).
Une étude très fine de la Chambre Régionale d’Agriculture Champagne-Ardenne, à partir des données individuelles de chaque exploitation prenant en compte les contraintes agronomiques, les rotations, les concurrences entre usages, laisse apparaître que sur une ressource globale de 2 440 000 tonnes de paille, seulement 1/6ème soit environ 400 000 tonnes seraient disponibles pour des usages agro-industriels sous réserve d’acceptation des agriculteurs. Lien vers l’article sur les disponibilités en paille Cela nous conforte dans la recherche d’autres sources de biomasse.
En Champagne-Ardenne, première région productrice de chanvre, des travaux valorisant cette fibre particulière sont conduits avec l’INRA dans les domaines de la plasturgie (substitution des fibres de verre), des matériaux de construction, etc…
Notons aussi que les deux régions se sont aussi associées dans la création d’un Centre National de Recherche Technologique baptisé Alternoval et dédié à la recherche d’alternatives pour de nouveaux débouchés agro-industriels.
C’est pourquoi s’est mis en place au sein du pôle IAR (Industries et Agro Ressources) un groupe sous la coprésidence Ghislain GOSSE (INRA Lille), Jean-Claude MITHOUARD (Chambre Régionale d’Agriculture Champagne-Ardenne) dédié à la mobilisation de la ressource lignocellulosique et surtout à la complémentation de l’offre actuelle.
C’est ainsi qu’a été déposé, dans le cadre du PNRB 2005, un programme REGIX (référentiel unifié, méthodes et expérimentations en vue d’une meilleure évaluation du gisement potentiel en ressources lignocellulosiques agricole et forestière pour la bioénergie en France) INRA – GIE ARVALIS-ONIDOL – Chambres d’agriculture- Fédération de Coopératives. Mais ce projet, monté dans des délais très courts, se propose de couvrir tous les problèmes sans vraiment se donner les moyens d’approfondir.
Fort de ce constat, le groupe a poursuivi ses travaux et a décidé de redéposer un projet PNRB/ANR baptisé LIDEA (introduction des cultures lignocellulosiques dédiées dans les exploitations agricoles) couvrant des aspects très pratiques d’agronomie, d’économie, de récolte et de logistique.
Ce programme a été labellisé par le pôle IAR et considéré comme un axe stratégique de son action.
Hélas, après un premier classement favorable par l’ANR, l’enveloppe consacrée à cet appel 2006 ne permettait pas de prendre en compte un programme de cette envergure financière.
Le besoin pour la profession est toujours aussi prégnant. Aussi, il a été décidé d’avancer sur le « volet agricole » en restreignant nos ambitions sans pour autant abandonner les autres volets pour lesquels nous rechercherons des sources locales en financement.
Les deux Chambres Régionales d’Agriculture ont donc déposé ce volet agricole auprès du Ministère de l’Agriculture dans le cadre de l’appel à projet Cas DAR 2006. Ce projet a été retenu mais il manquait toujours le maillon récolte-conditionnement de la matière végétale en vue de son utilisation industrielle.
La Fondation Prince Albert II de Monaco, (le contenu de ce document relève de la seule responsabilité de la CRA et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de la Fondation Prince Albert II de Monaco), soucieuse d’apporter sa contribution à la préservation de notre planète, notamment au travers du développement des biocarburants, a retenu le programme Lidéa ainsi que 10 autres projets pour sa première sélection. Cette dotation va permettre la mise en place d’une plateforme de 2,8 ha près de Châlons en Champagne, en cofinancement avec Cités en Champagne (Communauté d’Agglomération de Châlons en Champagne), pour tester, avec Arts et Métiers ParisTech Châlons en Champagne, Alfaluz Recy et la Chambre d’Agriculture de la Marne différents modes de récolte et de stockage de ces cultures dédiées.
| L’urgence s’oriente à très court terme vers la satisfaction de l’industriel CIMV (« pâte à papier ») qui en est au business plan de l’unité de fabrication. Après tests en pilote, ils sont particulièrement intéressés pour complémenter la ressource en paille par le sorgho papetier et le miscanthus. |
Le programme Lidéa se propose de mettre au point des itinéraires techniques, respectueux de l’environnement (c’est une condition du pôle), et d’étudier comment ces cultures lignocellulosiques (miscanthus, switchgrass, sorgho fibre, Taillis Très Courte Rotation...) s’intègrent dans nos systèmes d’exploitation. A cet égard, il sera particulièrement étudié la possibilité de développer certaines de ces productions en cultures dérobées combinant ainsi un effet CIPAN (culture piège à nitrates) et une meilleure approche économique. La même combinaison environnement économie sera étudiée pour les jachères ou les zones de captage d’eau où des cultures lignocellulosiques peuvent être une solution pour ne pas sanctuariser ces zones et y maintenir une activité économique.
Enfin, ces recherches serviront de base de mobilisation aux agriculteurs très motivés quant à ces nouvelles perspectives mais également interrogatifs quant à la faisabilité.
Impact des Valorisations Agricoles Non Alimentaires sur l’environnement
Les coproduits des agrocarburants, une opportunité pour l’élevage régional ?