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Les coproduits des agrocarburants, une opportunité pour l’élevage régional ?
2ème région pour la production de betterave sucrière et au 3ème rang pour la production de blé tendre et de colza, la Champagne-Ardenne est directement concernée par le développement des agrocarburants.
2 unités industrielles ont ainsi vu récemment le jour :
- L’usine de biodiesel du Mériot (Aube – 10) prévoit à terme la trituration d’1 million de tonnes de graines, permettant la production de 560 000 tonnes de tourteaux et de 420 000 tonnes d’huile brute.
- Cristanol (Marne – 51), produira 160 000 tonnes de bioéthanol à partir de blé et 175 000 tonnes de drêches. Ce dernier site produit également du bioéthanol à partir de betterave. Dans le contexte actuel de restructuration de la filière sucre, le développement du bioéthanol permet à la région de maintenir sa production de pulpes de betterave, voire même de la développer.
Le développement de la production régionale de pulpes de betterave, de drêches de blé et de tourteaux de colza suscitent l’espoir des éleveurs, mais également de nombreuses interrogations : quel est la place de ces coproduits dans l’alimentation animale ? Ces coproduits seront-il valorisés par les élevages de la région ? Qui les commercialisera ? Suffiront-ils à satisfaire les besoins des élevages champardennais ?
L’étude menée en 2008 par la Chambre Régionale d’Agriculture, avec l’appui technique des 4 Chambres Départementales d’Agriculture, de la COPAM et d’ARD, et le soutien financier de l’ONIGC et du Conseil Régional, permet d’apporter certaines réponses.
La pulpe de betterave, un concentré d’énergie trop peu disponible
La pulpe permet un apport énergétique important pour un relativement faible encombrement. Elle est principalement valorisée par les bovins en substitution des fourrages. Elle est ainsi largement utilisée à l’engraissement en substitution de l’ensilage de maïs.
La pulpe de betterave est un produit dont les qualités sont connues et reconnues par tous. Néanmoins, son statut particulier, coproduit qui reste propriété des planteurs, en fait un aliment difficilement disponible pour les éleveurs non planteurs, notamment sous sa forme surpressée.
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Le tourteau de colza, un coproduit déjà connu enfin disponible dans la région
Le tourteau de colza est un aliment source de protéine, au même titre que le tourteau de soja, même si son apport protéique est moindre. Dans les élevages bovins, le tourteau de colza peut ainsi être utilisé en substitution d’une partie ou de la totalité du tourteau de soja, en respectant une règle simple : 1 kg de tourteau de soja contre 1,5 kg de tourteau de colza.
Depuis plusieurs années, le tourteau de colza présente un avantage économique certain par rapport au tourteau de soja. Si jusqu’à présent, la faible production nationale et l’éloignement des sites de production ont pu freiner son utilisation en Champagne-Ardenne, l’implantation d’une unité de trituration à Le Mériot est une réelle opportunité pour l’élevage régional.
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Les drêches de blé, une alternative aux tourteaux encore peu connue
La drêche est un aliment sur lequel on dispose de peu de recul, mais qui pourrait jouer un rôle intéressant dans l’alimentation animale, comme source de protéines. Tout comme le tourteau de colza, les drêches peuvent intégrer les rations des bovins laitiers et allaitants et des bovins à l’engraissement, en substitution du tourteau de soja ou d’autres correcteurs azotés, et éventuellement d’un peu de céréales ou issues de céréales.
Coproduit encore peu connu, les drêches devront faire l’objet d’analyses et de tests afin de préciser leur rôle dans l’alimentation animale. Néanmoins, ces analyses et essais ne lèveront pas la totalité des interrogations que suscitent ce coproduit. En effet, de part la nature du process utilisé par Cristanol, la composition des drêches peut être amenée à évoluer à moyen-long terme.
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