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Réseau DEPHY Ecophyto : c’est parti !

Pour répondre aux attentes du plan ECOPHYTO qui vise à réduire de 50 % si possible l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici à 2018, deux réseaux de fermes DEPHY * se sont constitués en Champagne viticole.

Les réseaux fermes DEPHY Ecophyto au niveau national
On compte actuellement 114 réseaux de fermes qui représentent un total d’environ 1200 exploitations. D’ici à 2012, l’objectif est de passer à 200 réseaux ce qui permettrait de couvrir l’intégralité du territoire et des productions françaises. Les groupes de fermes DEPHY ont pour objectif de favoriser l’émergence de pratiques de culture plus économes en intrants phytosanitaires et de produire des références sur ces systèmes en termes de performances agronomiques, économiques, environnementales et sociales. Ils doivent évidemment jouer un rôle moteur auprès des autres exploitations en matière d’information et de démonstration.

Réseau fermes DEPHY au niveau local
Pour que les particularités et spécificités du vignoble champenois soit mieux représentées, deux réseaux de fermes ont finalement vu le jour en février 2011 :

  • Le réseau de fermes des vignobles de la Marne et de l’Aisne, animé par la Chambre d’agriculture de la Marne (ingénieur réseau, Ludovic SOSSI), compte au total 13 exploitations, dont celles des lycées viticoles d’Avize et de Crézancy.
  • Le réseau de fermes du vignoble de l’Aube, animé par la Chambre d’agriculture de l’Aube (ingénieur réseau, Sabrine Da Paz) en partenariat avec l’Union Auboise compte 11 exploitations (6 adhérentes du GDV de l’Aube et 5 adhérentes de l’Union Auboise) forment le groupe.


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Les viticulteurs de ces réseaux s’engagent à atteindre une réduction de 30 % de l’utilisation des produits phytosanitaires par rapport à l’IFT* de référence (23,8 pour la Champagne, année 2006), d’ici 2013. Pour aboutir à cet objectif, un plan en 6 étapes est établi :

  • 1 : Décrire et caractériser avec le vigneron le contexte de son exploitation et les différentes pratiques mises en place à l’heure actuelle, les objectifs de rendement et de qualité à maintenir,
  • 2 : Evaluer les performances agronomiques, techniques, environnementales et sociales du système actuel,
  • 3 : Définir un projet à 3 ans pour atteindre l’objectif de réduction de 30 %,
  • 4 : Accompagner les viticulteurs dans la mise en place des systèmes de cultures plus économes en intrants phytosanitaires,
  • 5 : Valoriser les références pour le conseil, la recherche et la formation,
  • 6 : Communiquer sur les systèmes à la fois les plus économes en intrants et les plus performants sur les plans agronomiques et qualitatifs.

Les actions conduites cette année
Au cours de cette première année, le travail des groupes a essentiellement porté sur les réalisations des diagnostics d’exploitation. Ceux-ci permettent de dégager les marges de progrès et d’établir un projet sur 3 ans pour chaque exploitation. Des actions ponctuelles ont été également proposées aux vignerons en 2011 (réunion stratégie protection, démonstration matériel), mais c’est surtout à partir de la prochaine campagne que les décisions d’évolution inscrites dans les projets d’exploitation vont être mises en place.

Les perspectives
Les viticulteurs participant aux deux réseaux sont déjà dans une démarche de viticulture raisonnée avec une utilisation modérée des pesticides ; mais des progrès sont encore possibles, tels que la suppression totale ou partielle des herbicides ou la réduction de dose ou l’application de l’anti-botrytis aux seules parcelles sensibles. L’objectif d’ici à 2013 est de passer d’une viticulture raisonnée à une viticulture intégrée avec une approche plus agronomique des modes de conduites de la vigne.

TÉMOIGNAGES

Roger Guillemart, Trigny (51)

« C’est à partir des années 1980 que j’ai modifié mon approche. A cette époque j’ai participé à la mise en place d’essai avec des firmes phytosanitaires. J’ai beaucoup appris à leur contact et cela a changé mon regard sur l’utilisation des pesticides. Au fil des années, le respect de l’environnement est devenu pour moi une priorité. Il faut évidemment produire des raisins, mais en utilisant le moins possible de produits chimiques. C’est vrai que certaines années, il y a quelques taches de mildiou sur les feuilles, mais ça ne me pose pas de problème : la qualité des raisins est là ! En 2011, la quasi-totalité de la surface est enherbée. En 40 ans, il y a eu beaucoup d’évolutions positive sur l’exploitation : arrêt des acaricides, des insecticides, diminution de 50 % de l’utilisation des herbicides, réduction de dose pour les anti-mildious et on produit toujours des raisins : c’est plutôt encourageant pour l’avenir. Pour toutes ces raisons, j’ai accepté facilement d’adhérer au réseau DEPHY. Je ne regrette pas mon choix, car ce groupe est très intéressant. L’échange entre nous permet de prendre les bonnes décisions. Cette année où la pression parasitaire a été nulle, j’ai fait tous mes passages à 70 % de la dose et au dernier j’ai appliqué uniquement un cuivre sous-dosé. Mon IFT va se situer autour de 10 pour cette campagne. »
Vincent Naudé, Charly sur Marne (02)

« L’exploitation est depuis longtemps dans une démarche raisonnée. L’évolution des techniques a été progressive et on a fortement diminué l’utilisation des phytos en 30 ans, d’environ 50 %. Cela a commencé avec l’implantation des typhlodromes début des années 1990. Ensuite, on a supprimé l’insecticide de 1ère génération, le troisième antibotrytis et depuis 2000, on utilise plus d’herbicide de prélevée. Aujourd’hui, la quasi-totalité des parcelles sont enherbées. La dernière évolution technique est la réduction de dose pour les anti-mildious. J’ai adhéré au réseau DEPHY pour rencontrer des vignerons d’autres secteurs : c’est toujours enrichissant d’aller voir ailleurs ce qui se fait. La réunion du groupe à la mi-juin était très intéressante, car c’était un moment clé pour décider de la fin de la protection : l’échange permet de prendre la bonne décision. Je suis content de mon résultat en 2011, avec un IFT proche de 10 et un arrêt de la protection le 27 juin. On ne prend pas de risque supplémentaire, c’est juste une façon de travailler différente ».
Michel PION, Balnot-sur-Laignes (10)

« J’ai accepté de participer au réseau DEPHY au départ sur sollicitation de l’UNION AUBOISE. Toutefois ce réseau répond à ma vision globale à savoir me permettre d’aller de l’avant, de mieux appréhender ce qui se fait sur les autres exploitations. Les objectifs 2013 du réseau de réduire de 30% l’utilisation des produits phytosanitaires ne me font pas peur mais je suis plus inquiet sur les objectifs 2018 (réduction de 50%) surtout dans les années difficiles. Utilisant des inter-ceps hydrauliques sur toute mon exploitation, j’attends de ce réseau qu’on m’aide à optimiser le nombre de passages surtout pour en faire moins et aussi voir s’il existe du matériel plus efficace. Ayant un appareil de traitement face par face AB MOST, j’attends aussi qu’on m’accompagne pour être plus pointu dans mes réductions de doses de produits que je pratique déjà ».
Olivier ARNOULT, Trannes (10)

« Adhérent du GDV de l’Aube depuis sa création en 1991, j’ai toujours voulu réduire les doses de produits phytosanitaires en viticulture ; mon côté agricole favorisant certainement cette réflexion. Toutefois, à cette époque, ce n’était pas d’actualité et j’ai ainsi fait mon expérience tout seul. Afin de maintenir mes sols et de lutter contre l’érosion, j’ai développé l’enherbement permanent des rangs de vigne et j’ai ainsi mis une parcelle en expérimentation pour le GDV de l’Aube dès 1993. Toujours à la recherche de nouvelles façons pour réaliser un couvert, j’ai tout tenté !!! (paillage, céréales, etc..). J’ai voulu intégrer le réseau DEPHY pour échanger sur toutes ces techniques et partager mon expérience de l’enherbement. J’attends que nous puissions, quelque soit le niveau technique des exploitations, communiquer sur la façon de faire et évoluer tous ensemble ».

* IFT : Indice de Fréquence de Traitement
* Réseau de Démonstration, d’Expérimentation et de production de références sur les systèmes économes en produits phytosanitaire

Ludovic SOSSI, Chambre d’agriculture de la Marne
Sabrine DA PAZ, Chambre d’agriculture de l’Aube



« Action pilotée par le ministère chargé de l’agriculture, avec l’appui financier de l’office national de l’eau et des milieux aquatique, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribuées au financement du plan Ecophyto 2018 »